J1 : De quoi être fiers, par Jean-Michel Zakhartchouk

Dès le petit matin, suite d’un feuilleton qui dure depuis deux jours : comment faire arriver à Poitiers tous nos invités, avec consultation intense de SNCF.COM, voire blablacar, flexbus sans oublier la bonne vieille voiture individuelle, tant pis pour le CO2. Une fois de plus, on dérange l’infatigable Nathalie , rivée à son téléphone et à son PC pour trouver des solutions ensemble pour tel chercheur, tel praticien, perdu à Marne-la-vallée TGV ou dans une gare parisienne. Ouf, Michel Lussault est à Poitiers et a un moyen de repartir, quitte, malheureusement à supprimer le moment de débat après sa passionnante conférence, débat qui aurait été non moins passionnant ! Mais le gros coup de bambou de 18H30 : Pierre Léna ne peut pas venir, alors qu’il avait tant à dire sur le travail acharné qu’il mène pour faire davantage entrer les préoccupations climatiques dans les programmes scolaires (il aurait conforté au fond ce qu’a dit Lussault dans sa conférence). Encore un problème de tgv et une malédiction sur cette table ronde autour des questions écologiques, avec le forfait d’un autre intervenant. Pourtant, c’était vraiment une table ronde à laquelle je tenais très fort. Mais j’invite de nombreux « biennaleux » à venir au débat qui sera organisé avec la conseillère régionale, Léonore Moncond’huy, sur la question mercredi (débat du coup rajouté), ce qui permettra quand même à l’écologie d’être présente dans cette biennale. Inutile de dire combien les mouvements d’éducation nouvelle doivent être sensibles à la question et combien ils ont un rôle fort à jouer… Je suis d’ailleurs en train de coordonner un dossier « former des éco-citoyens » qui sera, je crois très utile et riche, dans le cadre des Cahiers pédagogiques (début 2020). Et puis, on apprend que d’autres intervenants auront bien du mal à rejoindre Poitiers. Bref, du stress, de la contrariété…Oui, bien sûr.

Mais que cela pèse finalement peu quand on met dans la balance la grande joie de participer à cette Biennale, d’avoir fait partie depuis le début de sa joyeuse équipe de concepteurs, la fierté d’accueillir des personnalités aussi fortes qu’un Michel Lussault, une Nathalie Mons, un Philippe Meirieu, de réunir ainsi tant d’amis tous engagés dans de belles aventures éducatives, bien au-delà de nos frontières. J’écris ces mots après avoir entendu à l’Hôtel de Ville un beau poème lu par un collègue camerounais où il est question d’animer nos atouts et anémier nos faiblesses (je retiendrai la formule !) et prendre un verre à l’invitation de cette Ville de Poitiers qui nous soutient si bien, avec tout ce monde « venu d’ailleurs », ça fait du bien. Et aujourd’hui, les paroles en vidéo du président de l’Université qui nous accueille, sont allés droit au cœur, je crois, des militants de l’éducation nouvelle. Ce n’est pas si fréquent qu’un universitaire déplore l’insuffisance de la pédagogie dans le supérieur et salue ceux qui veulent changer les façons d’enseigner.

Je suis fier qu’on ait réussi à monter ce qui devient pleinement une Biennale (la première étant une promesse de suite, cette fois, on y est), en mettant de côté des « patriotismes d’organisation » et les enfermements identitaires, tout cela symbolisé par la librairie où se mélangent nos publications, par grands thèmes et non par organisations.

Je suis fier, soyons fiers, de travailler ensemble, sans renoncer à nos différences, sans tomber dans je ne sais quelle pensée unique (ce que j’abhorre), il y a tant de montagnes à soulever qui nous attendent.

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